James Madison Papers

To James Madison from Pierre Samuel Du Pont de Nemours, 25 July 1815

Eleutherian Mill near Wilmington Delaware
25 juillet 1815.

Monsieur le Président,

Je comptais partir aujourd d’hui pour aller rendre mes devoirs à Votre Excellence.

Quoique je me croie bien rétabli d’une indisposition qui m’a tourmenté pendant quelques Semaines, mes Enfans ont craint que la grande chaleur que j’éprouverais à Baltimore, et dans la route de Baltimore à Washington, me causât une rechute; et ils m’ont engagé à remettre mon Voyage au mois d’Octobre, en me disant d’ailleurs que je Serais plus Sur de vous trouver à la Ville vers la fin de la Saison et aux approches de la Réunion du Congrès.

Ce retardement m’afflige. J’ai une très grande Impatience de Vous présenter mon respect, de vous remercier des bontés que vous avez bien voulu me temoigner en tant d’occasions, et de renouveller entre vos mains mon Hommage aux Etats-Unis.

Quand ils se formerent, j’étais déja dans les Places influentes, et je tâchai avec quelque Succès de leur rendre les Services qui pouvaient dépendre de moi. Je leur ai donné mes Fils, dèsqu’ils Sont devenus des Hommes. Vous avez approuvé ce que j’ai ecrit Sur le plan à Suivre dans la formation de leurs Ecoles, de leurs Collèges et de leur Université. Et je crois que Mr. Jefferson a communiqué à Votre Excellence mes idées sur les changemens que leur indèpendance commerciale de l’Europe, qui me parait marcher à grands pas et a besoin d’en faire encore, pourra exiger dans le Systême de leurs Finances. Je leur apporte, et aux nouvelles Républiques qui Se forment Sur votre Continent, le travail de mes derniers jours.

L’Europe aussi tournera aux Républiques. Elle y sera conduite par les fautes et les Guerres de ses Emperours et de ses Rois. Quelques Etats croiront pouvoir Se reposer dans les Monarchies a Chambre des Pairs; et les Rois paraissent S’y resigner, à la charge de nommer leurs Pairs en et d’en disposer. C’était un pas à la fin du 17eme. Siècle. Mais il ne Suffit plus aujourd d’hui; et l’Angleterre elle même changera Son Gouvernement, après avoir odieusement, et inutilement Dieu merci, Songé à changer le vôtre. Votre belle maxime Américaine: nul Homme ne nait Magistrat, Législateur, ni Juge, a coupé la racine de ces Institutions Féodales qui, en établissant des Princes et des Dignités héréditaires, confiaient à la Flatterie le Soin de cultiver l’Orgueil dès la premiere Enfance, chez tous les Chefs des Sociétés. Je prie Votre Excellence, Monsieur le Président, d’agréer mon profond Respect.

Du Pont (de Nemours)

Je prends, avec bien de la Reconnaissance, la liberté d’user de la Permission que vous m’avez donnée de faire passer, Sous le couvert de vos dépêches à votre Legation en France, les Paquets que j’envoie à ma Femme quand ils Sont un peu considérables.

Celui qui est ici joint contient trois Mémoires pour l’Institut.

Je Serai bien obligé à Votre Excellence d’avoir la Bonté de ne pas l’oublier.

J’ai déja prié Monsieur le Secrétaire d’Etat de vouloir bien faire passer une lettre à Madame la Duchessse de Courlande par votre Légation à Londres.

Voulez vous bien me permettre de joindre encore ici une Lettre pour Madame Barlow.

DLC: Papers of James Madison.

Index Entries