Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Pierre Samuel Du Pont de Nemours, 2 October 1804

Paris 10 Vendemiaire 13. 2. 8bre. 1804.

Monsieur le Président,

Je ne dois ajouter que peu de chose à la Lettre que je vous écrivais il y a trois mois, et dont je joins ici le duplicata.

Les raisons qui me rappellent auprès de vous deviennent chaque jour plus puissantes.

L’Europe ne convient plus du tout à la Philosophie.

Pour un tems plus ou moins long, mais qui vraisemblablement durera plus que je ne puis faire, elle est en proie aux Princes, aux Prêtres, aux Généraux, aux Jésuites, au Lune insensé, aux mœurs corrompues, à la friponnerie déhontée, aux contributions vexatoires, iniques, ruineuses, à toutes les erreurs possibles en politique, en commerce, en finance, en administration.

Si vous n’êtiez pas un homme de bien à qui les malheurs de l’humanité, quelque part qu’ils aient lieu, ne peuvent devenir étrangers, cela vous affligerait peu, vous principal Régulateur du nouveau monde qui recueille les Citoyens et les richesses que nous bannissons.—Mais moi, Européen, Français, qui n’ai des autres sciences qu’une teinture générale, qui ne m’étais fortement appliqué qu’à celle du Gouvernement, qui pendant trente années l’avais cultivée, appliquée avec assez de succès pour que mon travail et celui de nos amis eussent augmenté la Population de mon Pays de quatre millions d’âmes, plus heureuses de beaucoup qu’on ne l’êtait il y a un demi siecle, je dois avoir et j’ai le coeur percé.

Je ne saurai jamais bien la Langue anglaise; on sait encore moins ici la mienne. Et si je confère mal sur vos oeuvres, cela ne m’empêhera pas de les voir avec consolation. Salut et respectueux attachement.

duPont (de Nemours)

Il m’est doux de penser qu’à ce moment même, on vous réélit Président. Cela est plus flatteur qu’une succession héréditaire.

DLC: Papers of Thomas Jefferson.

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