Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Christopher Winckelblech, 20 August 1804

Basle en suisse le 20e. Aoust 1804

Monsieur!

Deux a trois Cent de mes malheureux compatriottes désirent de mettre a l’abry des révolutions futures le restant de leur avoir; & se proposent de passer au Printems prochain, dans les Etats Unis de L’Amérique, ou sous Vôtre protection ils puissent jouir Monsieur! des avantages d’un gouvernement doux, libre, juste, & fort—

Ils désirent d’acheter de Vos terres, dans la Louisiane aux environs du Missisippi, ou de l’Ohio, & voudroint avoir le choix d’un emplacement sain, fertile, & d’un débouché favorable—

En s’adressant Monsieur! par ma voie au Gouvernement Americain directement, ils espérent de trouver a la source; les avantages que les particuliers revendeurs ne peuvent leur accorder—

Comme ils sont tous Amis & les soutiens de la liberté, de bons agriculteurs, des Artisans entendus, & de bonnes moeurs, nous tacherons Monsieur! de ne pas manquer de titres pour étre récomandables sous tous les rapports.—

Un objet Monsieur! qui nous est de la plus grande importance, cest le passage de la mer, qui nous paroit trop couteux, sur tout pour les péres d’une famille nombreuse & honête, vû que les Capitaines de Navires Américain demandent pour le passage des Amsterdam à Philadelphie de 13 à 14 Guinées par tête, tandis que l’on pouroit obtenir ce passage pour une société nombreuse, & protégée par Vôtre Gouvernement a beaucoup moins; les navires a Bordeaux come l’on m’assure prennent des passagers a 4 Louisd. mais le voyage sur le Rhin jusq’ua Amsterdam est plus favorable, & moins couteux, que la traverse de l’Empire des francais.

Au nom de mes Compatriottes qui ont des parents dispersés en Amérique, ma demande se borneroit Monsieur! a Vous prier de me faire la grace de me faire donner réponse aux articles suivants.

1o. A quel prix Vôtre auguste Gouvernement nous vendrat il l’acre des bonnes terres a nôtre choix en traittant pr. environ 50,000. Acres, plus ou moins celon nos besoins?

2o. Vousdriés Vous bien condécendre, a nous faire embarquer a Amsterdam, ou quelqu’autre place ou nous pourons nous rendre par le Rhin, a vos fraix, ou a bas prix sur un de vos Navires, la prémiére faveur, pouroit faciliter l’achat & le prompt payement de Centmille Acres, elle Vous procureroit des individus, forts; entendus, & laborieux, des hommes probes & industrieux, de bons enfants & des moeurs les plus simples, de vrais Suisses, qui j’ose le dire, dans tous les états font plaisir.

3o. Si nôtre Colonie en se fixant sur une même place pour former une ville, aura le droit des foires?

4o. Quels avantages particuliers Vous vousdrés bien nous accorder en qualité de nouveaux colons, bergers, laboureurs, artisans, & gens de génie?

La promptitude Monsieur! avec la quelle le tems s’ecoule, & l’eloignement de vos heureuses contrées, me fait espérer Monsieur! que Vous voudrés bien faire accélerer la réponse que Vous daignerés de me faire donner.

Jai l’honneur d’etre au nom de mes compatriottes, avec le Respect le plus profond, & dû a Vôtre rang Monsieur! Vôtre trés humble & trés Obeissant Serviteur

Christophe Winckelblech

agriculteur.

DLC: Papers of Thomas Jefferson.

Index Entries