Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Pierre Auguste Adet, 24 July 1804

Nevers le 5 Thermidor
An 12 de la République

Monsieur Le Président

permettés moi de vous Remercier de La lettre plein d’obligeance et d’amitié que vous avez daigné m’ecrire par M. Monroe. je ne saurois vous exprimer avec quel plaisir je l’ai lu avec quel plaisir je la relis encore, avec quel soin je la conserve. c’est pour moi un Thrésor dont je ne pourrois me séparer. vous devez être convaincu combien je regrette que Les destins n’aient pas reglé ma Residence aux Etats unis sur Le temps de votre suprème magistrature, j’aurois été trop heureux, et il n’est pas permis à L’homme de Jouir de tant de Bonheur sur La terre. La vie n’est qu’une Longue école de patience et de Résignation, et je commence à croire que L’homme le plus heureux est celui qui sait souffrir avec le plus de courage; quoiqu’il en soit il faut achever notre Carriere ici bas suivant La volonte du sort. vous serez etonnés de m’entendre tenir ce Language, mais vous me comprendrés parfaitement quand vous saurez que depuis mon départ des Etats unis j’ai perdu des amis qui m’etoient chers, et qu’une grande partie de ma fortune m’a été enlevée par une banqueroute, et qu’avec elle j’ai perdu L’espoir de pouvoir executer le projet que j’avois formé de me retirer des affaires dans quelques années pour me Livrer entierement a La Culture des sciences. c’est sans doute La plus grande contrariété que je pusse éprouver, mais je tache de La supporter sans murmure; c est Le moyen de La Rendre moins penible.

quoiqu’entierement Livré aux affaires je ne neglegi pas cependant tout à fait les sciences, je viens de Rediger par ordre du gouvernement des Elements de chimie à L’usage des Lycées. vous savez que ce sont des maisons d’education oú 6,000 jeunes gens sont Elevés aux frais de l’etat. j’ai cherché à suivre un plan plus méthodique que celui que L’on a constamment adopté jusqu’a ce jour, j’espere y avoir reussi. au reste vous en jugerés. j’aurai sous peu L’honneur de vous en adresser un exemplaire.

cette Lettre vous sera remise, Monsieur Le Président, par m. Roux Bordier de genêve qui se Rend aux Etats unis dans le dessein de s’y Etablir. permettés moi de solliciter vos bontés pour Lui. il appartient à une famille très recommandable, il est le beàu frere d’un membre de l’ancien gouvernement de genêve que j’aime beaucoup, il a Les qualités qui rendent un homme estimable. à ces differents titres j’ose esperer que vous L’accueillerés avec bienveillance. j’espere aussi que vous daignerés vous rappeler quelquefois un homme qui fait profession de vous aimer, et de Vous Respecter, autant que vous le merités. pouvoir occuper quelques instants votre pensée, n’est pas un sort commun à tous Les hommes et on doit être fier quand on L’a en partage.

veuillez Monseiur Le President agréer l’hommage de l’inviolable attachement et du profond Respect avec Le quel je suis Monsieur Le Président Votre très humble Et très obéissant Serviteur

P. S: Adet

DLC: Papers of Thomas Jefferson.

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