Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Pierre Samuel Du Pont de Nemours, 1 July 1804

Paris 12 Messidor 12
1er. Juillet 1804.

Monsieur le Président,

Il me parait inutile de vous dire combien je souffre de ne pouvoir encore me rendre auprès de vous, dans la République gouvernée par vos principes et Votre Sagesse.

Vous voyez l’Europe, mon Pays, et ce qui leur arrive. Vous connaissez mon esprit mon cœur, les études, les travaux, les espérances philosophiques qui ont occupé ma Vie.

Je désire en donner les derniers momens au développement des Institutions dont Vous avez bien voulu me demander le Plan pour l’éducation de la jeunesse américaine.

Et peut-être, si cela vous paraissait utile, je m’efforcerais de concourir à la consolidation des rapports entre vos anciennes Républiques conféderées et la nouvelle nation que vous venez d’admettre parmi elles.

C’est la seule partie des Etats Unis dont je sache bien la Langue; et non seulement celle que l’on parle, qu’on écrit qu’on apprend dans les grammaires, mais celle que l’on pense et que l’on sent, qui part de l’âme et influe sur l’âme qui tient aux habitudes, aux mœurs, aux passions nationales,

S’il n’y a pas beaucoup d’Américains qui puissent de même se faire entendre des Louisianois, il y a encore moins de Français en Amérique qui connaissent et aiment comme moi les constitutions libres, les mœurs tranquilles, les manieres graves de votre Peuple mêlé d’Anglais, d’Ecossais, de Hollandais et d’Allemands.

Je conclus de là que, par la même raison que votre Nation m’est bonne et agréable, je puis aussi plus qu’un autre Français être agréable et utile à votre Nation, quand un Peuple Français vient à en faire partie.

C’est une de mes honnêtes ambitions.

Mais, dans mon Zêle pour mon ancienne Patrie, je me trouve avoir fait, il y a plus d’un an, au Gouvernement Français des avances qu’il ne m’a point encore remboursées, et, quel que soit mon empressement de retourner en Amérique, la raison m’oblige comme Négociant et comme Pere de Famille de ne partir qu’après que ce compte sera réglé.

Dès qu’il le sera, que ce soit à perte ou à gain, je ne tarderai pas à voir les clochers de New-York, les cascades du Brandy-Wine, et le Capitole de Washington-City.

Vous m’avez promis votre appui et votre Protection pour ma belle Manufacture de Gun-Powder.—Lui avez vous donné votre salpêtre à raffiner, et vos Poudres à rebattre?

Je prie Votre Excellence de ne point oublier que c’est un Etablissement utile, que le Zêle de mes Enfans a créé, qui est conduit par mon second Fils, le meilleur Eleve du plus grand Chimiste de l’Europe, et qui appartient à votre Ami. Agréez avec votre bonté ordinaire mon respectueux attachement.

duPont (de Nemours)

Madame duPont vous rend graces de votre souvenir.

DLC: Papers of Thomas Jefferson.

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