Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Marc Auguste Pictet, 1 November 1819

Geneve, 1er Nov. 1819

Monsieur

Je ne puis, ne ne dois, laisser partir mon bon ami Mr. Terrel sans m’empresser de saisir cette occasion de me rappeler à votre souvenir, et pour vous remercier de m’avoir fait connoitre un excellent jeune homme et de m’avoir mis à portée de lui etre un peu utile dans les premiers tems de son séjour à Genéve. En le plaçant à son arrivée, dans la maison de Mr Maurice, mon ami d’enfance, et mon collaborateur dans le Recueil que nous redigeons depuis 24 ans, je pouvois répondre qu’il y seroit bien, sous tous les rapports importans, mais je ne prevoyais pas ce que l’aimable caractère de Mr Terrel a produit, c’est qu’il y seroit chéri à l’égal du fils de la maison, qui a eté son camarade d’etude et son meilleure ami, et avec qui il part demain pour Paris.

Après avoir achevé son Cours d’études à Geneve d’une manière distinguée, il a fait le grand tour d’Italie, et est revenu revoir les amis, qu’il paroit quitter avec tant de regret que je ne répondrois pas que nous ne le revoyons un jour. Je desire bien, si la Providence nous le [. . .], être encore, à cette époque, au nombre des vivans.

Vous aurez du plaisir Monsieur, à causer avec lui des ses voyages;

Il est plein de Sagacite et de finesse dans l’observation et sa mémoire est excellente. Il prefére la litterature aux sciences, et nos auteurs francais de premier ordre lui sont très familiers. J’ignore quel est le degré de la civilisation dans la partie du Kentucky où il va resider, mais, je redoute un peu pour lui, je dois l’avouer, le contraste quil pourra éprouver entre les ressources d’esprit que lui a procuré pendant quatre ans la vieille Europe, et le genre de societé qu’il trouvera dans cette arrière contrée où peutetre l’instruction n’a que mediocrement pénétrée, et ou il lui sera souvent difficile de trouver, comme nous le disons en Europe, « à qui parler. »

Je ne sais Monsieur, si vous etes demeuré en correspondance un peu suivie avec la maison Delessert de Paris. Le père, et l’excellente mère sont morts depuis deux ans: Madame Gautier (ma très bonne amie) n’est pas depuis quelque tems dans un etat de santé satisfaisant; Vous avez sû sans doute que son frère Francois a epousé il y a quelques années sa fille Sophie, que vous avez peut etre vu au berceau. le mariage d’oncle et de nièce, un peu extraordinaire, a très bien réussi; ils ont deux enfans charmans, une fille et un garçon; Le frére aîné Benjamin est membre distingué de la chambre des députés, et leur maison de commerce est l’une des plus solides et des plus considérées de Paris. Nous avons eu recemment à Geneve, la visite de François et de son aimable Sophie qui sont venus passer quelque tems avec leurs bons amis de Geneve.

Cette petite Geneve a survécu, dans la main de la Providence, à tous les orages politiques; elle jouït de repos dans le sein de la Confederation helvetique dont elle fait partie, et elle met ce repos à profit en cherchant à ameliorer tous ses etablissemens d’instruction. Un beau jardin botanique vient de s’y former, sous la direction de notre savant compatriote le Prof. de Candolle, et beaucoup d’étrangers s’empressent de profiter des ressources de société et d’etude qu’on trouve dans nos murs.

Veuillez agréer Monsieur, l’hommage de la haute consideration et du devouement respectueux avec lesquels j’ai l’honneur d’etre,

Votre très humble et très obeissant Serviteur.
Pictet
Prof. & Pres. de la Soc. pour l’av. des arts . membre des Soc. de Londres et d’Edinbourg

Editors’ Translation

Geneva, Nov. 1st, 1819

Sir

I cannot, I must not let my good friend Mr. Terrel leave without hurrying to seize this occasion to recommend myself to your regards, and to thank you for having allowed me to make the acquaintance of an excellent young man, and to have put me in a position to be a little helpful to him at the beginning of his stay in Geneva. By placing him, upon his arrival, in the house of Mr. Maurice, my childhood friend, and my collaborator in the Collection we have been composing for 24 years, I could have said that he would be fine with them, in every important respect, but I did not anticipate what the amiable personality of Mr. Terrel produced, which is that he was loved as much as the son of the family, who was his study companion and his best friend, and with whom he is leaving tomorrow for Paris.

After having finished his Studies in Geneva, with distinction, he toured Italy, and came back to see the friends whom he seems to leave with such regret that I would not be surprised if we were to see him again one day. I do wish, if Providence allows us, perhaps, at that time, to be among the Living.

Sir, you will enjoy talking with him about his trips;

He observes things with Wisdom and refinement, and his Memory is excellent. He prefers literature over the sciences, and he is very familiar with our first rate French authors. I don’t know what degree of civilization exists in the part of Kentucky where he resides, but I must confess that I fear a little for him the contrast he might feel between the resources of the mind that were provided to him for four years by old Europe, and the kind of Society he will encounter in the back country, which perhaps has been only barely touched by education, and where it will be hard for him to find, as we say in Europe, “somebody with whom to talk.”

I do not know, Sir, if you have kept corresponding with the Delevert household in Paris. His father, and the excellent mother died two years ago. Mrs. Gautier (my very good friend) has not been in very satisfying health for a while. You probably found out that her brother Francois married a few years ago [. . .] Sophie, whom you perhaps saw as an infant in the cradle. The marriage, a little unusual, between uncle and niece has been a great success; they have two charming children, a girl and a boy. The older brother Benjamin is a distinguished member of the “French House of Representatives”, and their commercial establishment is one of the most solid and reputable in Paris. We recently have had the visit of François and his charming Sophie, who came to spend some time with their good friends in Geneva.

This little Geneva, in the hands of Providence, has survived all the political storms; it enjoys some rest in the bosom of the Helvetian Confederation of which it is a part, and it is taking advantage of this rest to try to improve all its establishments of education. A beautiful botanical garden was just created, under the direction of our Fellow Citizen the Scholar Prof. de Caudelle, and a lot of foreigners are hurrying to take advantage of the resources of Society and Education that can be found within our walls.

Please accept, Sir, the homage of my high Consideration and of the respectful devotion with which I have the honor to be,

Your very humble and very obedient Servant.
Pictet
Prof. & Pres. of the Soc. for the advc. of the arts member of the Soc. of London and of Edinburgh

DLC: Papers of Thomas Jefferson.

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