Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from L’aine Meinadier, 14 August 1819

Boston Le 14 aout 1819.

Excellence,

Vous fûtes particulierement recommandé à mon Père a Sette, par mon Oncle Monsr Cathalan Père, lors de notre voyage en France. C’est moi qui eus l’honneur de vous accompagner sur la montagne de Sette, puis sur un grand bateau; Nous avons traversé ensemble le grand Etang qui conduit à l’Embouchure du canal Royal jusques à Agde ou nous avons couché. De là je vous ai procuré un autre grand bateau pour suivre votre route tout le long du canal jusques à Toulouse, parceque vous ne voulûtes pas aller dans le bateau de Poste.

Je suis obligé de vous rappeller toutes ces petites circonstances pour mieux me rappeller à votre souvenir, vous priant de me donner Vos avis, et m’accorder votre protection dans une affaire qui n’a pas eu de semblable, et dont le détail est dans la notte ci-joint, que je vous prie de lire avec attention.

Je voudrais la faire mettre dans les papiers public (sauf pourtant votre avis) Quoique cette affaire à acquis une assez grande publicité en Europe et ici, à cause que les maisons Americaines qui sont Etablies à Marseille qui étaient en concurance avec nous pour l’adresse et consignation des navires Américains, en ont de suite fait part aux Etats Unis, Puis à Cadix, Gibraltar, Malaga, Alicante, Barcelone, Nice, Gênes, Livourne, Naples, et dans tout le Levant ou sont Etablies des maisons Américaines et Anglaises qui étaient constamment en correspondance avec Marseille, pour des avis commerciaux Reciproques, et Pour se Recommander mutuellement les Navires qui leurs Etaient adressés.  Tout ce que j’avance dans la notte ci-joint est appuyé de pieces signées de mon associé Cushing visées par les autorités Françaises, et aussi de Mr le consul des Etats Unis d’Amérique à Marseille.

Cushing ne me craint pas, parce que Mrs les avocats de Boston sont d’avis que ce cas ne lui infligera pas la peine de prison d’Etat, et que tout le reste n’est sans doute rien pour lui qu’un mois de prison, et aprés de Jurer qu’il n’a rien.

Je vous prie d’excuser l’importunité d’un pére de famille malheureux qui vous aura une grande obligation de tout ce que vous pourriez lui conseiller, ou faire pour lui, car il à vraiment besoin que l’on s’interesse en sa faveur.

Veuillez bien me faire l’honneur de me faire adresser votre reponse à Mr le Consul de france à New-york ou l’on m’a conseillé d’aller.

J’ai l’honneur de me dire avec toute la considération qui vous est düe Monsieur le President

Votre tres Humble & Respectueux Serviteur

Meinadier L’ainé

P.S.

J’ai appris que Cushing avait resté à Penbrouck (Masstt) chez ses fréres & dans les campagnes environnantes; Puis à Ballston Spring qui est à 26 Miles d’Albanie; à Albanie; à Saratoga, & dans les Environs; Puis assez longtems à Northampton (State of New-york)

L’on croit ses fonds en doublons Déposés chez ses fréres, et dans diverses Maisons à Boston & New-york, et dans les Banques.

Il paraît que les Opérations qu’il à faites ont données de bons bénéfices, mais qu’il reste tranquille depuis son Arrivée.

M.

 

Meinadier de Marseille, est Venu aux Etats Unis pour y joindre son associé Isaac Cushing natif de Penbrouck prés Boston (Massachusett) qui est parti de Marseille le 31. Mai 1817. dans un navire â trois ponts nommé Le Braque de la portée d’environ 600 tonneaux, commandé par le Captne Jques Geoffroy français destiné pour Calcuta & Chandernagor, chargé en entier de diverses Marchandises de valeur de 120 Mille piastres fortes.

Le dit Cushing étant comme Subrecargo à bord du dit navire, il à fait arrêter à Rio-Janeiro le 5 aout 1817 disant qu’il faisait de l’eau; Il y à vendu toute la cargaison, (et puis sans y etre autorisé par moi il y à vendu aussi le navire) et il ne m’à rendu aucun Compte;

J’ai appris par des voies indirectes qu’il avait pris beaucoup de doubloons; de traites sur Londres; et une cargaison de Viande boucanée qu’il à Vendue à la Havane; et de lá, il est venu voyager aux Etats Unis, ou il se tient sans doute caché sous un nom supposé:

En conséquence je donne ci bas son signalement et prie tous ceux qui sont Amis de la bonne cause, et de la Justice, de me donner de ses nouvelles; me disant ou il est, et me désigner aussi ses proprietés; ils obligeront un Père de famille qui perd par cet evénement toute sa fortune, et le prive d’aider ses Jeunes Enfans.

Je n’ai à me reprocher que ma trop grande confiance pour Cushing n’ayant jamais pu présumer qu’un associé que j’avais pris chez-moi depuis trois ans; que j’avais comblé de bienfaits (puisque je suis le bailleur de fonds dans la Societé) eut pu concevoir un projet aussi infâme, sans besoins puisqu’il est Garçon, et sans autre motifs que pour me faire du mal en satisfaisant à sa friponerie.

Les autorités de Marseille ont fait part de cet evénement a Monsr de Richelieu premier Ministre du Gouvernement français à Paris, qui m’a remis une lettre por Monsr de Valnais consul de France à Boston, avec ordre d’en transmettre copie partout où il en serait besoin;

Mais malgré ses recherches et les miennes depuis le 12 mars dernier que je suis arrivé dans cette Ville, nous n’avons pu rien découvrir, et ce n’est que de la bonté et de la générosité de la Nation Americaine de qui j’attend Justice; Les Loix ne pouvant l’atteindre.

Je me recommande donc aux Amis et protecteurs de la bonne cause pour m’indiquer les proprietés d’Isaac Cushing et sa personne, et au cas que je vienne à Mourir; je leur recommande mes enfans dont un agé de 14 ans est avec moi.


Description de Mr Isaac Cushing

54 years old

5 feet 11 inches high, & large body.

oval face

Aqualine nose

Common Mouth

very well arranged teeth & white

Large Blue Eyes

round chin dimple in the Midle

Hair painted black. its original colour gray.

round & high Shoulders

When he walks, head erect handsome appearance

generally has a cane

Takes snuff both by the nose & the mouth

a constant hacking.

Editors’ Translation

Boston the 14 august 1819.

Excellency,

You were especially recommended to my Father in Sette by my Uncle Mist. Cathalan Senior, at the time of our trip to France. It is I who had the honor of accompanying you to the Sette Mountain, and then to a large boat; Together, we crossed the big Pond that leads to the Mouth of the Royal Canal all the way to Agde, where we spent the night. From there, I obtained for you another large boat to continue on your way along the canal all the way to Toulouse, because you did not want to go on the Sette? boat.

I feel obliged to remind you of all these small Circumstances to better remind myself to you, and I ask you to give me Your opinion, and to grant me your protection in an affair, the like of which never existed, and the detail of which is in the enclosed note, which I beg you to read with attention.

I would like to have it put in the public files (except however for your opinion). Although this affair has acquired rather a lot of publicity in Europe and here, because the American Companies established in Marseille, who were in competition with us regarding the address and the consignment of American ships, immediately informed the United States, then Cadix, Gibraltar, Malaga, Alicante, Barcelona, Nice, Genoa, Livourne, Naples, and all the Levant where are Established American or English Companies who were constantly in communication with Marseille, for Mutual commercial advice, and to Recommend to one another the Ships that were addressed to them.

Everything that I have put forward in the enclosed note is supported by documents signed by my partner Cushing stamped? by the French authorities, and also by Mr. Consul of the United States of America in Marseille.

Cushing does not fear me, because the Boston lawyers are of the opinion that this case will not inflict on him a State prison sentence, and that all the rest is probably nothing to him but a month of prison, and after that to Swear he has nothing.

I beg you to excuse this importunity from an unhappy father who will be very obliged to you for every piece of advice you could give him, or for anything you could do for him, because he really needs help and protection.

Please do me the honor of sending your reply to me, care of the Consul of France in New york, where I was advised to go.

I have the honor to be, Mister President, with all the consideration due to you,

Your very Humble & Respectful Servant

Meinadier the Elder

P.S.

I found out that Cushing had remained in Penbrouck (Massu.) at the houses of his brothers & in the surrounding countryside; Then in Ballston Spring?, which is 26 miles from Albany; in Albany, in Saratoga, & in the Surroundings; Then, for a rather long time, in Northampton (New York State)

It is believed that his funds are in doubloons Deposited at his brothers’ houses and in various Houses in Boston & New York, and in Banks

It seems that all the Deals he made were profitable, but that he remains quiet since his Arrival.

M.

From Marseille, Meinadier came to the United States to join his partner Isaac Cushing, born in Penbrouck near Boston (Massachusett), who left Marseille on May 31, 1817, in a three deck ship named Le Braque, carrying about 600 barrels, commanded by Captain Jques Geoffroy, French, headed towards Calcuta & Chandernagor, fully loaded with various Merchandise worth 120 strong piasters.

The said Cushing, being like a Subrecargo? aboard the said ship, he had it stop over in Rio Janeiro on August 5, 1817, saying that it was taking water; there, he sold the whole cargo, and then, without my authorization, he also sold the ship, and he gave me no explanation;

I found out through indirect ways that he had taken a lot of doubloons; of drafts on London; and a Cargo of cured Meat which he sold in La Havanna; and from there, he traveled to the United States, where he probably keeps himself hidden under a alleged name:

Consequently, further down, I am giving his description and am asking all those who are Friends of the good cause, and of Justice, to give me news of him; telling me where he is and where his properties are; they will oblige a Father who, through this event, is losing all his fortune, and is deprived of helping his Young Children.

I have nothing to reproach to myself but my too great trust in Cushing, never having had any reason to assume that a partner, whom I had taken into my home for three years; whom I had showered with kindness (since I am the provider of funds in the Company), could have conceived such a loathsome project, being without needs since he is a bachelor, and without any other motives that to harm me by satisfying his roguishness.

The Marseille authorities have informed of these events Mister de Richelieu, prime Minister of the French Government in Paris, who had a letter forwarded to me through Mister de Valnais? consul of France in Boston, with orders to send copies of it everywhere it might be neded;

But despite his searches and mine, since March 12th, when I arrived in this City, we have not been able to find out anything, and it is only from the kindness and the generosity of the American Nation that I expect Justice; Since the Law cannot reach him.

So, I recommend myself to the Friends and protectors of the good cause to point out to me Isaac Cushing’s properties and person, and in case I happen to die, I recommend to them my children, of whom one, who is 14 years old, is with me.


Description de Mr. Isaac Cushing

54 years old

5 feet 11 inches high, & large body

oval face

aqualine nose

Common Mouth

very well arranged teeth & white

large Blue Eyes

round chin dimple in the [. . .]

Hair painted black. its original colour gray

round & high Shoulders

When he walks head erect, handsome appearance

generally has a cane

Takes snuff both by the nose & the mouth

a constant hacking.

DLC: Papers of Thomas Jefferson.

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