Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Victor Adolphus Sasserno, 23 March 1819

Nice le 23 Mars 1819

Monsieur.

Je profitte du départ de Monsieur Jackson de New York, qui retourne dans son pays, après avoir passé l’hiver ici, pour vous faire parvenir le duplicata de la lettre que j’eus l’honneur de vous écrire le 15 de ce mois.

Depuis quelque tems le Sénat de cette ville ayant obtenu pour ma commission consulaire, l’Exequatur du Roi de Piémont, m’a reconnu, je me trouve donc en possession de ma charge, et cependant dans un grand embarras. Je vis dans les instructions que Mr Cathalan me fit parvenir assez longtems après mes patentes, que les consuls étaient obligés de faire remplir un cautionnement de Deux mille Dolars, par un habitant des Etats Unis, de suffisante sécurité, ou par un de ses Citoyens; étant encore tres jeune et me bornant au commerce local, je me trouve n’avoir aucunes relations avec vos contrées; je serais donc obligé de faire le virement de la susdite somme dans quelque maison de banque des Etats Unis, et vous savez combien il est penible pour un négociant qui n’est pas bien riche, de détourner de son commerce une somme aussi forte pour la placer dans un pays tres éloigné, et n’en retirer que des interêts incertains, s’il ne s’agissait que de faire remplir ce cautionnement ici, soit par Hypotheques soit de toute autre manière légale possible, ce serait fait dans un instant & sans préjudice pour moi. J’en ai parlé à plusieurs américains qui ont passé ici, ils m’ont tous conseillé de vous en écrire, outre cela ils m’ont assuré que beaucoup de consuls, recevaient quatre cent Dollars pour frais de[. . .]; on est, en effet, obligé à des frais plus ou moins grands, et je ne vois dans mes instructions rien qui les fasse rembourser, si ce n’est ceux qu’on fait pour les marins en detresse, encore ne vaut-il pas la peine de les reclamer s’ils ne sont pas considérables. Or vous voyez, Monsieur, que jusque là le Consul est en [. . .] de ses affaires.

Nice offre peu davantages pour le commerce maritime, à cause de sa position entre Gênes et Livourne et sa proximité de Livourne, les batiments Américains s’arretent dans ces trois ports et peu connaissent Nice.

Sa position sur les frontières, la franchise de son port et la beauté de son climat, rendent, cependant, un Consul nécessaire aux étrangers qui vont en Italie qui viennent pour leurs affaires ou pour leur santé. Aussi toutes les nations y en ont elles placé un ou du moins un Vice-consul.

Excusez Monsieur la liberté que je prends de vous écrire ce qui precéde, ne le considerez nullement je vous en prie comme une réclamation, mais plutôt comme une observation que m’a suggeré la position ou je me trouve relativement au cautionnement.

Toujours dévoué à vos ordres et pénétré du respect et de la reconnaissance que je vous dois à tant de [. . .]. Je me dis Sincérement Monsieur

Votre tres humble et tres obeissant Serviteur

A. Casserno

Editors’ Translation

Nice March 23, 1819

Sir.

I am taking advantage of the departure from New York of Mister Jackson, who is returning to his country after having passed the winter here, to send you the duplicata of the letter I had the honor of writing you on the 15th of this month.

Some time ago, the Senate of this city having obtained my Consular Commission, the Exequatur of the King of Piedmont has recognized me, so I find myself in possession of my office, but nevertheless greatly troubled. I saw in the instructions that Mr. Cathalan sent me, rather a long time after my patents, that consuls had to have a security of two thousand Dolars paid by an inhabitant of the United States, or by one of its Citizens; because I am still very young and because I limit myself to local commerce, I find myself with no connections in your land; therefore, I would have to make a credit transfer for the said sum to some bank in the United States, and you know how difficult it is for a merchant who is not very rich to divert from his commerce such a large sum and deposit it in a far away country, only to receive from it a very uncertain interest. If it were only a matter of having this security paid here, either through a mortgage or through any other legal way possible, it would be done in an instant & without me losing anything. I have talked about this to several americans who have passed through here, and they all advised me to write to you about this, and besides they assured me that a lot of consuls have received four hundred dollars for office expenses; indeed, one is forced into expenses, more or less high, and I do not see anything in my instructions that mentions their reimbursement, except for expenses made to sailors in distress, although it is hardly worth it to claim them if they are not very high. So, you see, Sir, that so far the Consul is [. . .] of his affairs.

Nice has little to offer regarding maritime commerce, because of its position between Gênes and Livourne, American ships stop in these three ports and few people know Nice.

However, its position on the border, the exemption from customs of its port and the beauty of its climate make it necessary to have a Consul to deal with the foreigners who go to Italy, and come for business or health reasons. This is why all the nations have placed a Consul, or at least a Vice-Consul there.

Please, Sir, excuse the liberty I am taking in writing you this letter, and do not consider it at all a complaint, but rather an observation suggested by the position in which I find myself regarding the security.

Always devoted to your orders and penetrated with the respect and the gratitude I owe you for so many reasons, I sincerely declare myself to be, Sir,

Your very humble and obedient Servant

A. Cassesnoff

ViU.

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