Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Victor Adolphus Sasserno, 15 March 1819

Nice le 15 Mars 1819

Monsieur

Depuis quelques tems le Sénat de cette ville ayant obtenu pour ma commission consulaire le Exequatur du Roi de Piémont, m’a reconnu. Je me trouve donc en possession de ma charge, et, cependant dans un grand embarras. J’ai vu dans les instructions que Monsieur Cathalan me fit parvenir assez longtems après mes patentes, que le consul était obligé de faire remplir un cautionnement de deux mille dollars par un citoyen des Ét. Unis ou par un habitant de solidité suffisante; N’ayant aucun correspondant dans ce pays, je me trouverais donc obligé de faire le versement de cette somme dans quelque maison de Banque des Et. Unis; chose, comme vous savez, tres pénible pour un négociant qui sait faire rapportir à son argent, plus que les intérêts incertains qu part lui en donner une maison éloignée. J’en ai parlé à plusieurs américains qui ont passé ici, ils m’ont tous conseillé de vous en écrire, outre cela ils m’ont assuré que beaucoup de consuls recevaient pour frais de bureaux quatre cent dollars; en effet on est obligé à des frais plus ou moins grands, et je ne vois dans mes instructions aucune loi qui les fasse rembourser; si ce n’est ceux que l’on fait pour les marins en detresse, encore souvent ces derniers ne valent pas la peine d’une réclamation; tels sont ceux que j’ai fait jusqu’à présent pour ce sujet qui sont peu de choses. Or vous voyez, Monsieur, que jusque la le consul est en sous de ses affaires ; De tous ceux que nous avons ici celui qui a le moins pour ses frais reçoit quatre mille francs par an.

Nice offre peu d’avantages pour le commerce maritime, à cause de sa position entre Gênes et Marseille et sa proximité de Livourne. Les batimens américains s’arrétent dans ces trois ports et peu connaissent Nice. Cependant sa position sur les frontières la franchise de son port et la beauté de son climat rendent un Consul tres utile, soit aux étrangers qui vont en Italie qui viennent pour affaires ou pour leur santé. Aussi toutes les nations y en ont-elles placé un où au moins un vice consul.

Excusez, Monsieur, la liberté que je prends de vous écrire ce qui précède, ne le considerez nullement, je vous en prie, comme une réclamation, mais seulement comme une observation que m’a suggéré la position dans laquelle je me trouve.

Toujours dévoué à vos ordres, et pénétré des plus vifs sentiments de respect et de reconnaissance j’ai l’honneur de me dire, Monsieur,Votre tres humble et tres obeissant Serviteur.

A. Sassernoff

Editors’ Translation

Nice, March 18, 1819

Sir

The Senate of this town, having obtained some time ago the Exequatur of the King of Piedmont for my Consular Commission, has recognized me. Therefore, here I am, in possession of my office; however I am in big trouble.

I have seen in the instructions that Mister Cathalan sent me a rather long time after I received my patents, that the Consul has to have a citizen of the United States or a sufficiently solid inhabitant deposit a security of two thousand dollars; having no correspondent in that country, I would find myself obliged to deposit this sum in some bank of the United States; which, as you know, is a very hard thing to do for a merchant who knows how to get more out of his money than he would get in uncertain interests from a far away bank. I have talked about this with several Americans who have passed through here, and they all advised me to write to you about this; moreover, they assured me that many Consuls have received four hundred dollars to cover office expenses; indeed, a Consul is forced into making expenses more or less high, and I do not see anywhere in my instructions any law ruling to have these expenses reimbursed; except for expenses made to help a sailor in distress, but often these expenses are not worth requesting reimbursement; such are the expenses I have spent so far regarding this, and they are insignificant. Thus you see, Sir, that so far the Consul is [. . .] in his business; of all the Consuls we have had, the one who spends the least for his expenses receives four thousand francs per year.

Hui has little to offer in the way of maritime commerce, because of its position between Genoa and Marseille, and because of its proximity to Livourne. American ships stop in these three ports, and few of them know Hui. However, its position on the border, the exemption from custom duties of its port, and the beauty of its climate make the presence of a Consul very useful, either to foreigners who go to Italy and come for business or for their health. Indeed, every nation has placed a Consul there, or at least a Vice Consul.

Please Sir, excuse the liberty I am taking in writing you what precedes; please do not think of it at all, I beg of you, as a complaint, but only as an observation suggested to me by the position in which I find myself.

Always devoted to your orders, and overcome with the strongest feelings of respect and gratitude, I have the honor to be, Sir, your very humble and very obedient Servant.

A. Sassernoff

MHi: Coolidge Collection.

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