Thomas Jefferson Papers

To Thomas Jefferson from Marc Antoine Jullien, 21 February 1819

paris, 21 fevrier 1819

Monsieur,

je viens de recevoir votre obligeante réponse datée de monticello, du 23 juillet 1818, et je m’empresse de vous adresser mes vifs remerciemens pour les détails que vous avez la bonté de me communiquer sur votre honorable et illustre ami le général Kosciuszko. j’aimerai à saisir l’occasion d’associer votre nom au sien, en écrivant sa vie, et je ferai une chose agréable à son ombre. j’attends des renseignemens qu’on doit m’envoyer de Pologne, et Messieurs Gallatin et Lafayette m’aideront à revoir et à perfectionner le monument que je désire élever à la mémoire d’un homme de bien. La vie de Kosciuszko peut se rattacher à la fois aux trois révolutions comparées entr’elles de Pologne, d’amérique, et de france.

La Pologne, nation encore plongée dans le chaos de l’anarchie féodale, ne peut, avec les seules forces de sa noblesse oligarchique, et sans l’appui de la masse du peuple, puisque étrangère aux sentimens de la dignité de l’homme et des droits de Citoyens, créer et consolider son indépendance. Elle devient la proie des puissances co-partageantes.

La nation américaine, jeune et vierge encore, lutte avec énergie, et triomphe. elle fixe honorablement sa destinée; elle établit sa liberté sur des bases solides; elle offre au monde un généreux et utile exemple. Sa révolution s’accomplit et tous les élémens de la civilisation et de la prospérité se développent, sous les auspices de la liberté, parmi ses industrieux habitans.

La france, qui n’était aussi abrutie et corrompue que la Pologne, ni aussi forte de sa pureté primitive et des vertus de ses Citoyens que l’amérique, rencontre de plus grands obstacle, mais se fraye courageusement une route vers le but qu’elle désire atteindre; et, malgré les dissentions civiles, les oppositions sanglantes, les fureurs des factions, les crimes des passions déchainées, les perfidies et les complots de l’aristocratie expirante, les excès de la license et de l’anarchie qui veulent usurper le masque et le nom de la liberté, les attentats du despotise militaire qui veut en imposer à l’opinion par l’éclat des conquetes et par les illusions d’une fausse gloire; la france, forte d’une masse d’hommes éclairés, persévérans dans leurs efforts, répare peu à peu ses pertes, ses malheurs et même ses fautes, et réussit à fonder lentement, mais d’une manière durable, se liberté consitutionnelle.

je crois, Monsieur, que les épisodes naturellement amenés de ces trois révolutions polonaise, américaine et française, dont un rapide aperçu se lie à la vie de Kosciuszko, qui a pris une part directe ou indirecte, et toujours honorable, aux événemens politiques et militaires que ces révolutions ont produits, ajoutera un nouvel intérêt à une histoire particulière qui doit offrir le modèle d’un patriotisme pur et invariable. je ne me presserai point de terminer, ni de publier ce travail, afin d’avoir le tems de reconcilier et de fondre ensemble tous les élémens et les matériaux dont il doit se composer, et afin d’en faire, s’il m’est possible, un ouvrage digne de l’attention du public et des vertus du héros que je dois célébrer.

J’ai l’honneur, Monsieur, de vous offrir les résultats de mes derniers travaux:

1° la seconde partie (seule imprimée à part jusqu’ici) d’un rapport que j’ai fait à la Société d’éducation de paris sur les livres élémentaires destinés aux enfans des classes pauvres et industrieuses.

2° l’Esquisse d’un Essai sur la philosophie des Sciences, dont je joins un Second exemplaire pour une Société philosophique des états-unis, à votre choix, à laquelle je désire faire, sous vos auspices, un hommage de ce travail.

3° le premier Cahier de la Revue Encyclopédique, Recueil scientifique et littéraire, dont j’ai depuis longtems conçu et formé le plan, et pour la rédaction duquel plusieurs Savans et littérateurs distingués ont bien voulu se réunir à moi. j’ose espérer que vous approuverez l’esprit, et le but de ce travail, développés dans l’introduction et dans la Circulaire qui lui sert de complément, et que vous consentirez à me procurer des correspondans, pour quelques parties des sciences, pour les nouvelles scientifiques et littéraires, et pour les Notices bibliographiques ou annonces abrégées d’ouvrages bien choisis, parmi vos compatriotes.

j’ai l’honneur de vous renouveller, Monsieur, avec tous mes remercimens et avec l’expression de tous mes regrets de ce que vos précédentes lettres ne me sont point parvenues, l’hommage de mes sentimens sincéres d’estime et de respect,

M. A. Jullien de paris

Editors’ Translation

paris, 21 february 1819

Sir,

I just received your obliging reply from monticello, dated 23 july 1818, and I hurry to send you my heartfelt thanks for the details you were kind enough to communicate to me regarding your honorable and illustrious friend General Kosciuszko. I would like to seize the opportunity of associating your name to his, when writing about his life, and I would be doing something that would be pleasant to his shadow. I am awaiting information that is supposed to be sent to me from Poland, and Mister Gallatin and Mr. Lafayette will help me to review and refine the monument I wish to raise to the memory of a man of good will. Kosciuszko’s life can be connected to all three compared revolutions of Poland, america and france.

Poland, a nation still immersed in the chaos of feudal anarchy cannot, with only the strength of its oligarchic nobility, and without the support of the mass of its people, and since it is foreign to the sentiments of man’s dignity and to the rights of man, create and consolidate its independence. It becomes the prey of the powers that are dividing its parts among themselves.

The American nation, still young and still virgin, is fighting with energy, and is triumphing. It is fixing it destiny honorably; it is establishing its liberty on solid bases; it is offering the world a generous and useful example. Its revolution is taking place and all the elements of civilization and prosperity are being developed, under the auspices of freedom, among it industrious inhabitants.

france, which was not as dazed nor as corrupt as Poland was, nor as strong in its primitive purity and in the virtues of its Citizens as america is, is running into larger obstacles, but is courageously working its way towards the goal it wants to reach; and, despite civil dissentions, bloody oppositions, the fury of the factions, the crimes of unleashed passions, the perfidy and the plots of the dying aristocracy, the excesses of licentiousness and anarchy which want to usurp the mask and the name of liberty; the attacks of military despotism, which wants to impress public opinion by the glamour of its conquests and by the illusions of a false glory; France, made strong by a mass of enlightened men, who persevere in their efforts, is gradually repairing its losses, its misfortunes, and even its mistakes, and is succeeding in founding slowly its long lasting constitutional liberty.

I believe, Sir, that the episodes, which came about naturally, of these three revolutions, Polish, American and French, of which a brief survey establishes a connection to Kociuszko’s life, who took a direct or indirect, and always honorable part in the political and military events produced by these revolutions, will add a new interest to a particular history that must offer a model of pure and unwavering patriotism. I will not rush to finish this work and to publish it, in order to give myself time to reconcile and blend together all the elements and the materials that must compose it, and in order to make of it, if possible, a work worthy of the attention of the public and of the virtues of the hero I must celebrate.

I have the honor, Sir, of offering you the results of my latest works:

1° the second part (the only one printed separately until now) of a report I made to the Education Society of paris, on elementary books aimed at children of poor and industrious social classes.

2° the Outline of an Essay on the philosophy of Sciences, of which I include a second copy for a philosophical Society of the United-States of your choosing, to which I would like to offer this book, under your auspices.

3° the first Journal of the Encyclopedic Review, a scientific and literary Review, of which, a long time ago, I conceived and formed the outline, and for the composition of which several distinguished scholars and literary men have been kind enough to join me. I dare hope that you will approve the spirit and the goal of this work, which are developed in the introduction and in the Newsletter that serves as its complement, and I hope that you will consent to find me some correspondents, for some parts of the sciences, for the scientific and literary news, and for the bibliographical Notes or summarized announcements of well-chosen works, among your fellow Citizens.

I have the honor to renew, Sir, with all my thanks and with the expression of all my regrets that your preceding letters did not reach me, the homage of my sincere respects and regards.

M. A. Jullien from paris

DLC: Papers of Thomas Jefferson.

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