Adams Papers

To John Adams from Charles William Frederic Dumas, 25 September 1787

La haie 25 7be. 1787

Monsieur

Ce pays est conquis & soumis au vainqueur. Il ne manque plus que la soumission d’Amsterdam; & je ne vois pas de meilleur parti qu’elle puisse prendre pour sa conservation. En l’attendant, <en attendant> nous somes ici à la merci à tous moments de la populace & du soldat. Le pouvoir exécutif & judiciaire ne nous protege <pas> guere. J’ai sauvé jusqu’ici ma personne, famille & maison de la destruction, en ayant recours au bras militaire qui m’a secouru à peine, après avoir offert de me remettre entre leurs mains; ce qu’on n’a pas accepté. On fait accroire à la meute destructive que j’ai fourni de l’argent au Corps franc de La Haie (avoué, [&] protégé, assermenté, pris au service du Souverain local qui vient de succomber). Rien n’est plus faux, ni plus aisé à verifier par les Listes des contribuants, qui sont mieux protégés que moi, abandonné, & exposé à tous momens à la fureur aveugle d’une meute, qu’on ne manqueroit pas de colorer après coup par mille faussetés absurdes.—J’ai donc le besoin le plus urgent, <[. . .]> que Vre. Exce. come Minre., ou en son absence, Mr. Smith, come Chargé d’affaires, écrivent en toute diligence une Lettre adressée <[. . .]> directement au Président <[. . .]> de L.h.P. & une autre, sa copie, au Greffier de L.h.P. (Mr. Fagel) pour réclamer le Droit des gens en ma faveur, qui, inocent, ne cherche pas à me soustraire à mes Juges compétens, & qui, par conséquent, ne dois pas périr sur-tout irregulierement avec ma pauvre famille. J’ai servi depuis douze ans le plus fidelement les Etats Unis mes Maîtres, constament Approuvé & loué par eux & par leurs Alliés.—Au nom de Dieu, écrivez imédiatement: car en attendant que je ne sois ni imolé ni sacrifié, je suis à chaque instant menacé de l’être. J’ai eu la force d’écrire ceci. Je ne l’ai pas d’en écrire une seconde à Mr. Smith, de qui je suis, ainsi que De Votre Excellence, avec tout respect & détresse, ainsi que de Mesdames Adams & Smith, avec ma désolée famille, / le très humble, obéissant / & excessivement infortuné / serviteur

C. w. f. Dumas

P.S. Je reçois en ce moment le paquet de Mr. Smith, avec ses ordres du 21 court. auxquels j’obéis en lui en accusant la réception. Je joins ici copie de la partie de son contenu qui me regarde, ainsi que l’hôtel ici des Etats-Unis. <[. . .]> L’ordre le plus prompt donné par Votre Exce., ou de sa part, à Mess. Wm. & Jn. Willink, Nic. & Jb. v. Staphorst Banquiers des Et. Un. à Amstm. pour concourir imédiatemt. avec moi & provisionellement au plus necessaire pour rendre l’hôtel surement tenable & habitable selon la volonté du Congrès, peut, sous la divine providence, & avec les Lettres sollicitées ci dessus operer mon salut, en attendant que je puisse répondre de ma conduite, si on l’attaquoit régulierement.—Come jusqu’ici j’en suis quitte pour la peur, quoi que la plus justement autorisée & excessive, peut être une Simple comunication amicale [toute] directe à L.H.P. de la Résolution du Congrès & Lettre du Ministre, ci-jointes, avec requisition de m’être favorable & secourable dans mes réparations & déménagement successifs, Sans comencer par porter aucune plainte, sera la voie la plus propre à produire l’effet desiré.

Il n’y a rien d’exagéré dans toute cette Lettre, je crains pour la vie de mon Epouse & fille à tous momens aux abois de frayeur. Nous craignons à tout moment toutes les miseres imaginables, & somes sans secours. Tout ici, amis & ennemis, se fuit, de peur de partager le sort de l’infortuné menacé.

MHi: Adams Papers.

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