Adams Papers

To John Adams from Abbé Chalut, 28 August 1787

Paris 28. aout 1787

Nous aurions desiré, Monsieur, lire dans votre langue L’exemplaire de votre ouvrage, nous avons prie un de nos amis qui Sçait l’anglois de nous en faire l’extrait et de nous en dire Son Sentiment. Nous avons vu avec Satisfaction que vous prouvez jusqu’à l’evidence tout ce que vous y avancez et nous avons Sçu par notre ami que cet ouvrage estimable étoit digne de vous et de votre philosophie. Nous desirons qu’il Soit traduit dans notre langue pour Connoitre tous les details qui ont echapé à l’ami qui nous en a fait l’extrait.

vous Scavez, Monsieur, ce qui Se passe chez nous depuis l’assemblée des notables. Le parlement de paris Siege à Troye. ce Corps de Magistrats persiste à demander les états generaux et à avouer Son inconpetence pour l’enregistrement des impots. tous les tribunaux Superieurs de la Capitale et des provinces demandent la meme Chose, toute la nation joint ses vœux à leurs demandes, dans cet etat de choses nous esperons d’avoir bien tot les états generaux. tout alors rentrera dans l’ordre: l’esprit national se formera et les Ministres Seront contenus. jusqu’aujourdhui ils ont été les maitres absolus parce que personne ne les Surveilloit ils étoient placés par 1 intrigue et deplacés par elle, leur bonne ou mauvaise administration n’y influoit en rien; tout alloit au gré de leurs caprices; des portions enormes étoient toujours la recompense des bons et des mauvais ministres.

L’heureux Constitution de votre pais vous met à L’abri de tout ce qui se passe chez nous. Conservez precieusement votre liberté, le Sang qu’elle vous a couté est inestimable, rien dans l’univers ne pourroit vous dedommager de Sa perte. vous cesseriez d’etre heureux Si vous cessiez d’etre libre. La mort est preferable à l’esclavage. Ne nous enviez pas notre Commerce, notre richesse et notre lune. le travail de la terre et l’heureuse pauvreté Sont le Soutien de la liberté; vous le [Scavez] mieux que nous, vous, Monsieur, qui avez medité les grandes verites et qui avez contribué par vos talents et votre Courage à la revolution qui vous a rendu libres.

on nous a dit que votre retour dans votre patrie étoit fixé au milieu de l’année prochaine. nous esperons que d’ici à cette epoque vous ferez une voyage à Paris avec Mde. Adams Mde. votre fille et M. votre gendre. nous Sommes très empressés d’avoir l’honneur de vous revoir’ de vous assurer de vive voix des Sentiments d’estime et d’amitié que vous nous avez inspirés et avec lesquels nous ne cesserons d’etre Monsieur / vos tres humbles / et tres obeissants Serviteurs

L’Abbé Chalut

l’abbé Arnoux

nous prions Mde. Adams et Mde. votre fille de nous permettre de leur presenter nos hommages respectueux, et nous faisons nos sinceres Compliments à M. votre gendre.

MHi: Adams Papers.

Index Entries