Adams Papers

To John Adams from Charles William Frederic Dumas, 10 July 1787

La Haie 10e. Juillet 1787

Monsieur

Votre Excellence verra par l’Extrait ci-joint la nécessité absolue & urgente que son contenu m’impose, d’avoir recours à Elle, come Ministre Plenipo: des Et. Unis pour ce pays, & ayant seul la disposition de la Caisse qu’ils y ont, afin d’avoir la bonté d’autoriser les Banquiers de cette Caisse à Amsterdam à se charger de me payer mon salaire courant de 1300 Dollars annuels selon l’Acte du Congrès du 14 Oct. 1785 que votre Exce. connoît, par semestres come je l’ai tiré jusqu’ici sur Paris, & dont le semestre court. sera échu en Octobre prochain.—Come il y a toujours à perdre sur le change d’ici à Paris, j’ai souvent pensé à proposer à V. E. & à Mr. Jefferson la translation du Paiement de mon salaire de Paris à Amsterdam, & la seule repugnance d’importuner pour mon agrément & ma comodité m’a retenu dans l’allure accoutumée—Mais il s’agit de plus a présent: il s’agit de ma subsistance journaliere, sur la sécurité de laquelle j’ai vecu & vis d’un jour à l’autre, & sans laquelle je ne saurois subsister.—Pour diminuer l’inquiétude où je suis à cet égard, j’ai comencé par sonder ces Messieurs à Amsterdam; mais pour ménager le crédit du Credit du Congrès, je ne les ai point informés du contenu de la Lettre de Mr. Jefferson, leur témoignant seulement mon desir de recevoir mon salaire à l’avenir de leurs mains, come par la voie la plus naturelle, la moins onereuse & dispendieuse & la plus courte, ajoutant que je prierois V.E. de les y autoriser. Aussi m’ont-ils fait entendre, que moyennant cela ils me feront volontiers ce plaisir.—Je prie donc instament V.E. d.’autoriser ces Messieurs à me payer au mois d’Octobre prochain le semestre courant échu alors, de 650 Dollars, & de continuer sur ce pied jusqu’à votre nouvel ordre; puisqu’il est indubitablement indifférent aux Etats-Unis que je sois payé à Amsterdam ou à Paris, pourvu que je le sois: tandis qu’il ne peut être indifférent pour leur honneur & crédit en tout sens que ma détresse éclate: ce qui arriveroit bien malgré moi, dès que je ne pourrois pas compter sur ce paiement ponctuel en son temps.—J’ai pris & prends patience sur la some qui m’est due en arrérages, jusqu’à-ce qu’il plaise enfin à la trésorerie d’expédier l’ordre que je sollicite depuis si longtemps, & dont l’objet, malgré l’embarras momentané des finances des Etat-Unis, est trop petit pour me laisser si longtemps en souffrance contre la volonté expresse du Congrès:—Mais l’interruption de mon salaire courant m’ôteroit tout moyen d’exister ici; & cela dans un temps encore où je ne pourrois pas même me réfugier dans ma petite ferme en Gueldre, où la force militaire vient de désarmer & subjuguer tout le peuple, & où l’on est à tout instant expose à être pillé & egorgé tant dans les villes qu’au plat-pays.

Mr. De Capelle de Marsh vient de se réfugier aver son Epouse enceinte & 5 Enfans à Déventer: cela est sûr; & le bruit court que la garnison de Zutphen à saccagé sa terre.

Permettez, Monsieur, que je joigne ici le Duplicat d’une Dépeche qui m’est recomandée de la part de la Régence de Brunswyk. On m’apprend que le Baron de Féronce qui l’a signée, est l’un des principaux Ministres du Duc regnant de Brunswyk <> Il s’agit d’ailleurs des Intérêts d’un Citoyen des Etats-Unis.

Permettez aussi que je présente mes respects & ceux de ma famille à Mesdames Adams & Smith, come aussi mes meilleurs complimens à Mr. Cutting. Je suis avec grand respect, De Votre Excellence / Le très-humble & très-obéissant / Serviteur

Cwf Dumas

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