Benjamin Franklin Papers
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To Benjamin Franklin from the Abbé Tardieu, 15 May 1777

From the Abbé Tardieu1

ALS: American Philosophical Society

au pilles par montélimar et nions en dauphine
le 15. de may 1777.

Monsieur

Quoique vos lumieres vous metent dans le cas de n’avoir guere besoin d’aucune explication, je pense que vous ne serez pas faché d’aprendre que quand j’ai eu l’honneur de vous ecrire, ainsi qu’a monsieur le dictateur vashington, j’etois a un quart de lieu d’ici, au chateau de Condorcet chez monsieur le Comte du meme nom, cousin germain de Mr. le marquis de Condorcet, que vous connoissez, ou se trouvoit, monsieur le marquis dupuy Montbrun, cousin germain de ces deux messieurs, et neveu de monsieur le cardinal de Bernis, que vous avez vu cet hiver chez monsieur de Noaille; Mr. le marquis d’urre de molan dont le nom est illustre dans ce royaume s’y trouvoit aussi. Il fut beaucoup parlè de vous, Monsieur, et de Mr. le general vashington. Tout ce qu’on en dit me donna la pensée de metre un Sonnet dans la bouche des americains; je le fis ces messieurs et d’autres personnes l’entendirent et touts unanimement m’encouragerent a vous l’envoyer, m’assurant que vous le recevrièz avec complaisence. Sous ces flateurs augures, mon amour propre me mit a mon bureau et j’ecrivis; mais depuis ce jour là , j’ai revu mon Sonet. Il y a aparence que j’en ai jugé plus sainement et j’ai compris que j’avois besoin d’implorer votre indulgence; Je le fais ici, Monsieur, et vous demande la permission, a present que ce Sonnet n’est plus a moi, d’y changer le quatrieme vers qui est,

rend notre sort heureux arrète enfin nos larmes,

en celui ci qui est moins dur:

rend nos climats heureux, essuye enfin nos larmes

et le sixieme, s’il n’est pas tel, en celui ci:

au son des chalumeaux ils uniront leurs voix.

Je sai, Monsieur que votre tems est pretieux. Je suis avec respect, Monsieur, votre tres humble et tres obeissant Serviteur

L’abbé Tardieu

Notation: L’abbe Tardieu le 15 de may 1777. Au Pilles.

1This is his second letter, as he says. The earlier one on the 9th was short; it and its two enclosures, the poem that he wanted to have forwarded and is here amending, and a covering note to “le dictateur,” are also in the APS. We cannot be sure of Tardieu’s identity. The most likely man, although we do not know that he was an abbé, is A.-P.-H. Tardieu de Saint-Marcel, a translator and poet, who had once been in the household troops of the comte d’Artois (hence the aristocratic references mentioned here?), and must have been still a young man: what seems to have been his first publication, an ode, came out in 1777, and other works appeared intermittently until 1825. Quérard, France littéraire, VIII, 352. He may have been a former chaplain of Artois’ troops, but at this time an abbé of another name held that position: Etat militaire ... for 1777, p. cxlii.

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