Benjamin Franklin Papers
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To Benjamin Franklin from [Jean-Baptiste] LeRoy, 22 April 1770

From [Jean-Baptiste] LeRoy2

ALS: American Philosophical Society

De Paris ce 22 Avril [1770]

Il y a des Siecles que je n’ai eu de vos nouvelles Monsieur cependant vous savez combien elles m’intéressent. J’attends avec impatience le moment de nos fêtes pour le mariage de M. Le Dauphin3 parceque jespere bien qu’elles nous ameneront des Anglois et qu’il y en aura quelques uns qui m’apporteront quelques lettres de vous. Vous ne doutez pas du plaisir que j’aurai à les recevoir. Je comptois vous aller rendre une petite visite ce printemps mais comme jamais presqu’on ne fait ses volontés dans ce monde des affaires de famille que la perte que j’ai faite ont entrainées m’en ont empêché. Cependant si mes voeux sont remplis l’année ne se passera pas sans que je fasse un tour en Angleterre, et j’espere bien que les affaires d’amerique vous empêcheront d’y retourner et qu’aussi j’aurai le plaisir de vous y retrouver. J’ai prié dernierement M. Francis de vous faire parvenir un Exemplaire de L’Ouvrage de mon frère qui contient les details des principles et de la construction de la montre marine. Vous avez pu la voir annoncé dans les nouvelles publiques. Je ne puis vous dire combien j’ai été fâché de ne vous l’avoir pas envoyé plutôt. Je comptois sur des gens qui devoient aller en Angleterre et qui m’ont fait faux bond mais je l’ai bien recommande à M. Francis et j’espere qu’il vous le fera tenir bientôt. Je crois que vous serez content de cet ouvrage qui n’est autre chose que le memoire de mon frère, qui a remporté le prix de L’Académie, vous le trouverez un peu plus clair que l’Ouvrage de M. Harrison.4 Je voulois vous envoyer cet hyver celui de l’Abbé Galliani sur le commerce des bleds qui a éxcité ici une grande rumeur parmi les œconomistes5 mais je n’ai pu trouver dans le moment où c’étoit une nouveauté une occasion de vous le faire passer. Depuis j’ai imaginé qu’il vous étoit tombé entre les mains cependant si vous ne le connoissiez pas un mot et vous l’aurez. Monsieur Franklin ne pourra jamais me fournir autant d occasions que je le désirerais de pouvoir faire ici quelque chose qui lui soit agréable.

Ne m’en voulez pas si je n’ai pas encore revu la Traduction de votre ouvrage que M. Du Bourg a fait faire par un religieux. Je n’en ai pas encore entendu parler.6

Je ne sache ici rien de nouveau dans les sciences qui puissent intéresser votre curiosité, mais dans les lettres vous saurez que marchant de loin sur les traces des anglois les gens de lettres ont fait une souscription pour ériger une Statue à Voltaire de son vivant, c’est Pigal chez qui nous avons été voir le mausolée du m[aréch]al de Saxe qui est chargé de le faire, il doit partir incessamment pour Fernet pour faire le portrait de ce grand homme. Ce sera le premier Exemple de pareille chose parmi nous on dit, qu’il y a commencement à tout je le souhaite, mais enfin cette marque publique de la reconnoissance des gens éclairés de la nation et qui doivent tant à Voltaire a été arretée Mardy dernier dans une grande assemblée.7 Ce qu’il y a de singulier c’est que rien n’est encore plus incertain que le lieu où on la placera. Nous tenons toujours par un coin à la barbarie. Je vous ai mandé Monsieur tout ce qui peut vous intéresser. Dans peu de Jours il ne sera question que de Feux d’artifices et de Fêtes. Je voudrois bien que vous fussiez un peu moins Philosophe j’espererois qu’elles vous rameneroient parmi nous. Voici je crois le temps de l’election des membres étrangers de la Societé Royale. Je n’ai pas besoin de vous recommander mon frère le Medecin. J’espere bien et je me flatte que vous et M. le Ch[evalie]r Pringle voudrez bien engager vos amis à lui être favorable. Je compte écrire au premier Jour au Dr. Matty et à quelques autres amis que j’ai dans la Société Royale pour leur faire la même priere.8 Il est bien temps de finir une si longue lettre en vous assurrant de tous les sentimens de l’estime et de l’amitié les plus sinceres avec lesquelles je suis et je serai toute ma vie Votre très humble et très obéissant serviteur

Le Roy

J’espere que vous voudrez bien ne pas m’oublier auprès de notre digne ami M. Le Ch[evalie]r Pringle.

P.S. Je suis votre débiteur Monsieur pour cette lunette que vous avez eu la bonté de m’envoyer de grace daignez donc me mander à quoi se monte ma dette pour que je l’acquitte. J’ai deja prié M. Ourry il y [a] trois mois de vous faire la même prière de ma part.9

Addressed: To / Benjamin Franklin Esq. / Deputy Postmaster of / The English Colonies / York buildings / London

C.O. at / Ld Visct. Gallway / Hill Street Berkley Square

[Note numbering follows the Franklin Papers source.]

2See above, X, 61 n, and later volumes.

3The Dauphin, who four years later became Louis XVI, married Marie Antoinette on May 16, 1770.

4Jacques Batailhe de Francès (c. 1724–88) was secretary to the French Ambassador, the Duc du Chatelet-Lomont, and later became chargé d’affaires; he appears frequently in Wilmarth S. Lewis and Warren H. Smith, eds., Horace Walpole’s Correspondence with Madame du Deffand … (6 vols., New Haven, 1939), III, passim. The book that LeRoy entrusted to him had recently been crowned by the Académie des sciences; it was Pierre LeRoy’s Mémoire sur la meilleure manière de mesurer le tems en mer … printed with Jean Dominique Cassini’s Voyage fait par ordre du roi en 1768, pour éprouver les montres marines inventées par M. LeRoy … (2 vols., Paris, 1770). Francès eventually got the book to BF through an intermediary; see [Michael] Francklin to BF below, June 22, 1770.

Pierre LeRoy (1717–85) claimed to have invented a chronometer accurate enough to determine a ship’s longitude at sea. John Harrison (1693–1776) was his more famous British counterpart, whose instrument eventually received a prize from the government of £20,000; see above, VII, 208–10. LeRoy is probably alluding to The Principles of Mr. Harrison’s Time-Keeper, with Plates of the Same … (London, 1767), which Harrison wrote with the help of Nevil Maskelyne. Among BF’s papers in the APS is a short printed pamphlet dated 1770, The Case of Mr. John Harrison; it describes the inventor’s long struggle to obtain the prize first offered by Parliament in 1714.

5Ferdinando Galiani (1728–88), an Italian writer and economist, was secretary to the Neapolitan Ambassador to France, 1759–69, and popular with the Encyclopedists. His Dialogues sur le commerce des bleds was published in 1770 under a spurious London imprint, as was often done with controversial works, and has recently been reprinted: Dialogues entre M. Marquis de Roquemaure, et Ms. le Chevalier Zanobi: the Autograph Manuscript of the DIALOGUES SUR LE COMMERCE DES BLEDS Diplomatically Edited … by Philip Koch (Frankfurt-am-Main, [1968]).

6This is scarcely surprising, because Œuvres de M. Franklin … did not appear until 1773. Although Barbeu-Dubourg’s name appears on the title page, the actual translator was Abbé Jean Baptiste l’Écuy (1740–1834). See Antoine A. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonyms … (3rd ed.; 4 vols., Paris, 1872–79), III, 673–4; Berthe Ravary, Jean-Baptiste l’Écuy, dernier abbé général des Prémontrés en France … (Paris, [1955]).

7At the end of a bibulous dinner party at the Neckers on Tuesday, April 17, the plan had been unveiled and wildly approved of commissioning a nude statue of Voltaire from Jean-Baptiste Pigalle (1714–85), the leading sculptor of his day. The idea of nudity bothered the aged philosopher and delighted his many enemies. But Pigalle persisted (his only concession was a scroll that does duty for a fig leaf), and the statue now stands in the Bibliothèque de l’Institut in Paris—“oeuvre unique dans l’oeuvre de Pigalle, unique aussi dans toute la statuaire du XVIIIe siècle.” Samuel Rocheblave, Jean-Baptiste Pigalle (Paris, [1919]), p. 277; for further details see pp. 277–88.

8In the previous November BF, Pringle, and others had recommended Charles LeRoy (1726–79), a professor of medicine at Montpellier, and he was elected to membership on May 21, 1770. See above, VIII, 359; Thomas Thomson, History of the Royal Society (London, 1812), p. lviii.

9The “lunette” was probably an achromatic telescope: see BF’s letter above, XVI, 206. Lewis Ourry, DF’s and BF’s old friend, had become tutor to Lord Galway’s son; see BF to DF below, June 10. This fact may explain the otherwise mysterious second address below, if LeRoy decided to send his letter in care of C[apt.] O[urry].

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