Benjamin Franklin Papers
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To Benjamin Franklin from Jacques Barbeu-Dubourg, 8 May 1768

From Jacques Barbeu-Dubourg6

ALS: American Philosophical Society

This is apparently the earliest surviving letter in a correspondence which, as the wording makes clear, had been going on for some time. Out of it was evolving a friendship that with the years grew in significance for both men. Jacques Barbeu-Dubourg (1709–79) had interests as broad as Franklin’s own and, like him, engaged in a range of activities that was remarkable even by the standards of the eighteenth century. After taking holy orders he was trained as a physician, and was as much concerned with reforming the practice of medicine as with practicing it himself. He was also by avocation a botanist, a mathematician, an electrical experimenter, something of an historian, a physiocrat, a political theorist, a highly skilled linguist, and an editor. The translation of a few of Franklin’s essays, mentioned in this letter, was the beginning of a development that culminated in 1773 in Dubourg’s edition, with copious notes, of the Œuvres de M. Franklin. The literary collaboration that this involved became political collaboration as soon as Franklin landed in France in 1776; for the next three years Dubourg devoted himself to procuring money and supplies for the Americans, and as a result of his efforts died almost penniless.

A Paris ce 8e. may 1768

Monsieur

Je suis tres sensible à l’honneur de votre souvenir et à tant et de si gracieux temoignages de votre bienveillance. Dès le lendemain de votre trop promt depart, je reçus par le canal d’un de vos Amis le traité de la petite verole de M. Dimsdale7 qui me fit un plaisir singulier; j’avois toujours regardé la metode echauffante et la metode rafraichissante, de la maniere qu’on l’entend communement, comme deux systemes opposés egalement suspects, egalement dangereux, et j’avois toujours cherché à tenir le plus juste milieu entre les deux, or je le trouve precisement dans la nouvelle metode rafraichissante, qu’il ne faut pas confondre avec l’ancienne, ou antiphlogistique comm’ on l’appelloit, et qui ne consistant que dans les saignées reïterées, la diete rigide, le petit lait, l’orgeat, et autres semblables boissons auroit eté mieux nommée affoiblissante, au lieu que la nouvelle metode rafraichissante consistant principalement dans l’admission de l’air frais et pur, merite veritablement d’etre appellée tonique ou fortifiante, à plus juste titre que la metode echauffante et incendiaire des cordiaux et des alexipharmaques. Je suis etonné que l’on n’ait pas fait peser cette observation en l’honneur de la nouvelle metode, car on auroit tort de croire que les denominations soient sans consequence pour le fonds des choses que l’on a à proposer au public. C’est ce que votre exemple, Monsieur, doit bien faire sentir a ces Messieurs. Quel modele admirable de menagement de termes vous leur donnez dans les papiers periodiques dont vous avez eu la bonté de m’envoyer un exemplaire! Vos amis seront tres contens que vous les ayez traités de fous et abandonnés comme tels, et ce ne sera pas à leurs depens que le Public rira, mais aux depens de leurs adversaires que vous n’avez eu garde de traiter de sots, mais à qui vous faites sentir leur sotise à ne pouvoir la meconnoitre eux mêmes et à etre forcés d’en convenir, toutes fois qu’on leur presentera votre petit miroir. Je me suis empressé de faire traduire, et ces papiers et votre precedent interrogatoire, (ou examination) pour en regaler mes compatriotes, et le tout sera imprimé successivement dans les Ephemerides du Citoyen, en commencant le mois prochain;8 et quoiqu’on puisse bien s’en rapporter au traducteur qui s’en est chargé, je n’en laisse rien mettre sous presse sans m’assurer par moi même de son exactitude autant qu’il est en moi, je suis trop jaloux de cet objet. J’en avois cependant fait de vive voix un croquis grossier de traduction dans des assemblées respectables chez M. Le Marquis de Mirabaud, 9 mais seulement par preliminaire, et avec de bonnes protestations contre le tort que feroit à l’ouvrage un jugement precipité sur une esquisse si informe de traduction. J’ai l’honneur de vous adresser cyjointe la petite explication que vous avez la bonté de me demander de ma carte chronographique, 1 c’est changer des armes de cuivre contre des armes d’or que de troquer ainsi avec vous, c’est faire comme fit Diomede avec Glaucus, 2 et je rougis de mon rolle, car l’avantage etoit tout du côté du heros dans l’ancien exemple, et c’est icy le contraire. J’ai reçu avec reconnoissance et vu avec plaisir la carte biographique de M. Priestley qui est effectivement construite presque sur les memes principes que la mienne, sans plagiat de part ni d’autre, car je ne pretens point me prevaloir de la date.3 Je connoissois peu les noix Walnut, et point du tout les hickory et je vous suis extremement obligé d’avoir bien voulu m’en envoyer; puissions nous quelque jour en manger des fruits icy ensemble que je les trouverois delicieux en pareil cas. Tant de faveurs de votre part m’enhardissent à vous demander encore une grace, c’est de savoir si la liberté de la presse est assez entiere soit à Londres ou à Philadelphie, pour qu’on pût y faire imprimer un ouvrage hardi de pur Deisme, 4 et si en supposant que cette liberté ait lieu, vous me permettriez de vous le faire passer et de le mettre sous votre protection. Melles. Basseporte et Biheron5 vous remercient de l’honneur de votre souvenir et vous font mille complimens chacune, et ma femme au moins deux mille pour sa part. Si vous avez occasion de voir M. Pringle, 6 voudrez vous bien lui presenter mes tres humbles civilités. Je suis avec une estime distinguée et une consideration respectueuse Monsieur Votre tres humble et tres obeissant serviteur

Dubourg

[Note numbering follows the Franklin Papers source.]

6The fullest treatment of Dubourg in English is Alfred O. Aldridge, “Jacques Barbeu-Dubourg, a French Disciple of Benjamin Franklin,” APS Proc., XCV (1951), 331–92.

7Thomas Dimsdale (1712–1800), English physician and M.P., published in 1767 The Present Method of Inoculation for the Small-Pox; in 1768 he was in Russia inoculating Catherine the Great and others. DNB; Namier and Brooke, House of Commons, II, 325–6. The subject of inoculation was at the time much to the fore in the English press. See for example Gent. Mag., XXXVII (1767), 68–70, 411–12, 511, 584; XXXVIII (1768), 23–4, 75, 161–5.

8The “papiers périodiques” cannot be more than conjecturally identified, because Dubourg did not carry out his intention of publishing them; the only recent essays by BF that satisfy the description are “News-Writers’ Nonsense” and “Right, Wrong, and Reasonable,” above, XII, 132–5; XIV, 129–34. Dubourg did publish the Examination of BF in the House of Commons in 1766, entitled “Des Troubles qui divisent l’Angleterre et ses colonies,” Ephémérides du citoyen; ou bibliothèque raisonnee des sciences morales et politiques, VII, (July, 1768), 28–91; VIII (Aug., 1768), 159–93.

9The Marquis de Mirabeau was one of the two editors of the Ephémérides, the organ of the physiocratic school. On him see below, p. 182 n.

1His Chronographie, ou description des temps … en trente-cinque planches (Paris, 1753) was a series of chronological tables, embracing the whole of history, rolled on two scrolls; see Aldridge in APS Proc., XCV, 337.

2In the Iliad the Lycian prince, Glaucus, gave his gold armor to Diomedes and received in return a suit of bronze.

3Joseph Priestley’s A Chart of Biography … ([London?], 1765), is an enormous folding sheet, placing famous people from ancient times to modern in a spatial order corresponding to their nationalities and dates. Dubourg had the idea twelve years earlier, as he gently points out, but the form was quite different.

4His “Code de l’humanité, ou Lois immuables qui servent de base aux devoirs, aux droits & au bonheur de l’homme,” was written early in 1768 and published in December in the Mercure de France, pp. 52–66. The manuscript presumably contained material that was deleted in the printed version, and Dubourg expected such censorship; in that case he was inquiring about publication of an unexpurgated text. An enlarged edition, showing the effects of collaboration with BF, was printed in London in 1773; BF himself published the fullest text at Passy in 1782, three years after the author’s death. See Aldridge, APS Proc., XCV, 385; Worthington C. Ford,” Franklin’s Accounts against Massachusetts, “Mass. Hist. Soc. Proc., LVI (1922–23), 100–2.

5Madeleine Françoise Basseporte (1701–80) was a painter and engraver. Marie Catherine Biheron (1719–86) was a Parisian who specialized in anatomical reproductions in wax; she also made models of mushrooms for Dubourg, and in return he named for her a species that he describes in his Le Botaniste français (2 vols., Paris, 1767). See Nouvelle biographie générale (46 vols., Paris, 1855–66), IV, 700; VI, 65; Paul Delaunay, Vieux médecins mayennais (2 vols., Laval, 1904), II, 43–4.

6Sir John Pringle, BF’s companion on his trip to Paris the previous autumn. This greeting strengthens the implication at the beginning of the letter that Dubourg had first met both men at that time.

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